La blanche et la noire

Certains sujets sont à éviter pour ne pas se fâcher avec autrui, tout particulièrement la religion et la politique.
Il en existe même un qui est encore plus délicat puisqu’il se situe aux confins de la religion et de la politique.
Ce sujet est le racisme.
Nous avançons là carrément en terrain miné.
Mais comment ne pas songer au racisme lorsqu’on évoque les aborigènes.

Plus large encore que le domaine du racisme est celui du spécisme dans lequel l’être humain s’imagine être une espèce (d’où le terme de spécisme) tellement supérieure aux autres, c’est-à-dire les animaux non humains dont il fait trop souvent de leur vie un enfer.

Donc, non seulement l’homme se prend pour une espèce supérieure mais au sein même de son espèce, il fait des différences selon les races et/ou les couleurs de peau.
Et parmi les couleurs, le noir (considérons le noir et le blanc comme des couleurs) est en très mauvaise position.

Rien que dans notre langage, on utilise des expressions qui frôlent le racisme :
. tout n’est pas blanc ou noir
. mouton noir
. un chat noir porte malheur…
Pire encore, j’ai déjà entendu que « comme dans le solfège, il faut deux noires pour égaler la valeur d’une blanche… »
Sans commentaire. Ou plutôt si, commentons.

Pas de chance pour les aborigènes, ils sont noirs.

Entre nous, ils seraient un peu moins noirs ou même blancs, est-ce que cela ferait une grande différence?
Car bien souvent, l’homme n’aime pas ce qui est différent.
Avant même de faire l’effort d’apprendre à connaître celui qui est différent, il le méprisera, tentera de changer la couleur de sa peau, essayera de faire disparaître sa culture. Et s’il n’y arrive pas, l’homme supprimera et exterminera celui qui est différent.

Être trop différent est un crime.

Cela me fait penser à un roman (histoire fictive) et à un film racontant une histoire malheureusement vécue.
Le roman est, tout simplement, Frankenstein.
Mettons tout d’abord les choses au point : Frankenstein n’est pas le nom du « monstre » mais celui du docteur.
La créature n’a pas de nom.
Ne pas donner de nom est une manière de déshumaniser un être vivant et d’éviter de s’y attacher.
Dans le roman de Mary Shelley, la créature veut simplement être acceptée et aimée mais étant donné son physique tellement DIFFERENT, elle n’attire que la haine.

Le film, c’est Elephant Man. Une histoire réelle et bouleversante concernant le droit à la différence.
Si vous en avez l’occasion, essayez de le voir.

Revenons aux aborigènes.
Il y a encore quelques années, je ne m’en souciais guère et je me demande même si à l’époque je n’avais pas un doute concernant l’orthographe : aborigènes ou arborigènes!!!

Grâce à un instrument qui commence par un D et qui finit par OO, mon intérêt à grandi pour eux.
J’ai découvert une culture riche en même temps qu’une tentative d’extermination de ce peuple.
Il y a d’ailleurs de fortes similitudes avec les indiens d’Amérique du Nord et aussi sans doute du Sud.

Reste pour nous la musique.
La musique et ses notes.
Qu’elles soient blanches, noires, agrémentées de bémol ou de dièse, parfois crochetées ou pointées ou réduites au silence le temps d’une pause, et bien ces notes je les aime toutes.

Vous allez me dire qu’il est plus facile d’aimer toutes les notes que tous les êtres humains car il y en a franchement…

La musique a ce pouvoir extraordinaire d’unir les hommes.
Il n’y a qu’à suivre les aventures de Jaime (même si je ne peux toujours pas visionner ses vidéos).
Il est dommage que les paroles de notre hymne national soient si agressives mais ce n’est qu’un avis personnel.

Steven Spielberg dans son film Rencontres du 3ème type a eu l’idée simple mais géniale de se servir de quelques notes de musique pour établir un contact entre terriens et extraterrestres.

Le pouvoir magique de la musique!
Rythmes et vibrations.
Pour terminer, je vous incite à écouter la chanson de Claude Nougaro « Amstrong ».

Bonnes vibrations à tous de la part d’un animal humain (enfin presque!)

P.S. « L’appel du didgeridoo », vous savez la B.D. qu’on devrait trouver dans toutes les bonnes librairies, je trouve ce titre vachement, vachement mais vachement… bien.
On peut l’interpréter de plusieurs manières :
. on est appelé par le didgeridoo, on est attiré par lui… et on s’inscrit à Wakademy!
. mais aussi, le didgeridoo nous appelle à nous tourner vers les autres, animaux humains et animaux non humains - enfin, chacun se tourne où il veut car déjà qu’on doit souffler en continu si en plus il faut faire de multiples tours, on n’est pas sorti de l’auberge… australienne!

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Joli texte @Patrick_GARBOUS, auquel je souscris.

L’Homme « civilisé » s’est engagé dans une impasse. Mais ce n’est pas une fatalité :wink:

Aujourd’hui j’ai lu cet article qui fait écho par certaines informations au rejet de la différence par la brutalité qui serait liée à l’organisation de nos sociétés :

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Merci pour ta réponse.
J’ai jeté un oeil (non, les deux!) sur cet article qui semble passionnant.
Je vais le lire un peu plus tard avec l’attention qu’il mérite.
Personnellement, je pense que les hommes et les femmes ne sont pas égaux.
Mesdemoiselles et mesdames, laissez-moi terminer avant de m’assomer à coup de didgeridoo!
Je pense qu’hommes et femmes sont complémentaires. Aucun des deux n’étant supérieur à l’autre. Ce n’est que mon opinion.
D’ailleurs, paraît-il, l’homme porte une part de féminité en lui et la femme porte en elle une part de masculinité.
Les éléphants vivent dans une société matriacale et il n’y a pas que les éléphants chez les animaux non humains qui vivent ainsi.
Chez la plupart d’entre eux, les éléments féminins (les femelles, appelons-les par leur nom) sont respectées alors que chez les êtres humains, c’est loin d’être le cas. Malheureusement, le sujet est d’actualité, même s’il n’est pas nouveau, avec les « féminicides ».

Tu écris "l’homme -civilisé- s’est engagé dans une impasse. Mais ce n’est pas une fatalité.’
Que ce soit pour le respect de la planète ou des autres êtres vivants, je ne suis pas aussi optimiste que toi mais j’espère, de tout coeur, que j’ai complètement tort.

Et merci encore pour ta réponse avec cet article en cadeau.

Décidemment, ce forum est bourré de personnes hyper sympas (mince! c’est un apocope) et intéressantes.

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Quand je dis que ce n’est pas une fatalité, c’est parce que, de mon point de vue, même si les mauvaises nouvelles s’accumulent (et de manière dangereusement rapide), le vent tourne dans les esprits. J’ai développé une conscience aiguë de l’état de notre planète très tôt, il y a une trentaine d’année (j’en ai 39, oui c’est arrivé tôt).

Certes, j’ai dévoré du bouquin scientifique (adulte) presque dès que j’ai su lire, mais même dans le Journal de Mickey, il y a trente ans, il était explicitement dit que l’humanité faisait n’importe quoi avec la Terre.

Donc, voir les catastrophes prédites arriver me fait peur.

Mais me sentir de moins en moins seul à avoir conscience du problème me rassure. Je doute que l’avenir soit facile. Mais on peut se le rendre plus facile.

Respect, résilience, partage, tolérance, bienveillance, lenteur, contemplation, acceptation… Ces concepts sont, pour moi, les clefs d’un potentiel futur plus humain.

Sinon, pour ma part, j’irai plus loin concernant les genres et les sexes. Pour moi, l’être humain n’est pas polarisé entre masculin et féminin (les animaux non plus). Il n’y a pas non plus des « qualités masculines ou féminines ».

Pour moi, chaque individu se situe à des niveaux différents sur les échelles de sexe, de genre, etc…

Pour moi, la racine du problème vient, encore, de la séparation, de la différence vue comme une polarisation. Si l’on prend la différence comme une variation sur un axe (ou plusieurs), la polarisation, la ségrégation, est beaucoup plus difficile à assumer.

Au Didgeridoo, on a les harmoniques. On peut se contenter de faire des cases :o::a::e::i:, ou accepter que les harmoniques peuvent s’exprimer dans une continuité. On peut même mêler les deux concepts.

De là, on peut parler de féminités, de masculinités plutôt que de féminité et de masculinité. Parce qu’au fond, n’y a t-il pas autant de masculinités qu’il n’y a d’hommes ? Et son corollaire, n’y a t-il pas autant de féminités qu’il n’y a de femmes ? Et j’en viens à la synthèse : N’y a t-il pas autant d’humanités que d’humains ?

C’est mon avis, mais la période est bouillonnante, passionnante en matière de sociologie, psychologie, philosophie… A titre personnel, je me régale ! :star_struck:

Excellent podcast à écouter sur ces sujets :

(Ecoutable sur Soundcloud, spotify, etc. ).

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Tout d’abord merci à toi pour ce nouveau texte.
Je ne me lasse pas de te lire.
Je ne sais pas quel travail tu fais mais de mon avis, que tu écrives des chroniques serait bénéfique au plus grand nombre.
En tout cas continue, s’il te plaît, à nous enrichir de ton verbe :heart_eyes:.

Ça me fait penser au « lit de Procus » dans la mythologie grec.
Procus est un aubergiste qui accueil ceux qui souhaitent se reposer.

Seulement voilà, si vous êtes trop grand et que vous dépassez du lit, Procus vous coupe les pieds…

De la même façon si vous êtes trop petit, Procus vous écartèle, jusqu’à ce que vous faisiez la même taille que le lit…

Il semblerait que notre société soit, à bien des égards un lit de Procus…

Merci à toi Simon pour l’article.
Je le mets dans un coin, pour l’écouter à tête reposé et attentive :wink:.

Notre société un lit de Procus ?

En premier lieu, l’école…

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Alors là carrément d’accord avec toi.
C’est désastreux à quel point !!!

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Merci d’avoir partagé tes pensées avec nous, Patrick! :slight_smile:

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Simon,
Ta réponse est extrêmement intéressante d’autant plus que je ne prétends pas détenir la vérité.
Donc, ce que tu écris me semble tout à fait sensé.
Merci pour la référence du podcast que je ne manquerai pas d’écouter.

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Karl,

Tu es trop indulgent ou gentil avec moi, je te laisse choisir.

Je ne connaissais pas le lit de Procus.
J’espère qu’il n’était pas gonflable car dans ce cas il ne fallait pas avoir d’épines sur son corps!
Bon, là je dis n’importe quoi.
Bonne soirée ou journée selon le moment où tu liras ce p’tit message.

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Elisabeth,
Cest toujours un plaisir mais je me relis une dizaine de fois (j’exagère un peu) pour être certain de ne pas faire de gaffe ou de maladresse et d’être mal compris.
Ce qui, pour certains sujets, tel celui concernant le racisme, pourrait être assez catastrophique.
D’autant plus que j’ai un naturel assez provocateur.

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Je suis bien d’accord… je le pensais, mais le vivre c’est encore… pchiouaouhhhh.

Exemple : j’ai croisé quelqu’un qui m’a indiqué un voisin qui joue du didgeridoo… je me pointe devant sa maison et « l’apelle » avec le son toots et un bon rythme… il sort halluciné… on s’est juste dit notre prénom et 2 minutes après on étais ensembles chez lui a jouer… un duo d’une intensité mémorable…
Après on a arrèté… nous sommes regardés et les yeux émus sommes tombés dans les bras en remerciant l’autre à tour de rôle…

Ps : ici les gens (quasi tous !!!) Se font des accolades style calins !!! Et s’apellent « hermano »… c’est coooool

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Merci de ton commentaire.
Cela fait du bien.
Bonne continuation et au plaisir de te lire (à défaut pour moi de pouvoir te visionner) et de voir tes photos.
A bientôt sur le forum.

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Ah, ah, super Jaime cette rencontre suite à l’Appel du Didgeridoo !

C’est pas le Da Vinci Code, c’est le :wa_joues::too_1::ti: Code, à l’Appel du Toot les membres de la Société Secrète se reconnaissent.

:slight_smile:

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Patrick j’aime beaucoup ce que tu écris, ça sort toujours du cœur!
Que ce soit au sujet des animaux ou bien des « humains », c’est d’un bon sens solide et plein de sensibilité.

Effectivement les premières sociétés humaines furent sans doute matriarcales; on y pratiquait le culte de la déesse, car seule la femme donnait la vie. L’homme n’avait semble-t’il pas compris qu’il avait un rôle dans la procréation!
C’était l’époque des chasseurs-cueilleurs, l’élevage comme l’agriculture n’existaient pas. Ce serait en observant, au début de l’élevage, des animaux copuler et se reproduire assez rapidement que ce « crétin » de mâle aurait compris qu’il avait un rôle à jouer dans la continuité de l’espèce.

Fin du matriarcat, super macho ayant compris a quoi servait ce qui pendait entre ses jambes!
La Déesse est devenu Dieu et on a conseillé à la femme de faire profil bas. On connaît la suite.

Ensuite pour ce qui est du masculin et du féminin, il est aujourd’hui assez pertinent de penser que si nous voulons être équilibré, il est préférable d’être psychologiquement moitié-moitié.
Travail de base de la psychothérapie en hypnose humaniste, rééquilibrer notre psyché formatée par des millénaires d’une éducation patriarcale.

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Très bon texte.

ça me fait penser à RDV en Terre Inconnue.


Très belle histoire @Jaime, c’est tellement beau. Je l’imagine très bien d’ici et j’en suis ému.

Oh je veux venir vivre dans ton pays !!!

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