Les interviews nomades de Karl I Baptiste Vallet


Les Interviews Nomades rencontrent Baptiste VALLET :

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Salut Baptiste
Merci à toi d’avoir accepté de recevoir les interviews nomades
Comment tu vas?
Impec!

Je me suis permis de te contacter parce qu’en ce moment j’ai ton album : SIT, qui tourne en boucle chez moi. Mais commençons par le commencement.

Peux tu te présenter en quelques mots s’il te plaît ?
Musicien, technicien son, compositeur, et amoureux du bourdon en général!

Depuis quand fais tu de la musique ?
Depuis l’âge de 7 ans

Et as tu un bagage de formation musicale : conservatoire, solfège ?
Oui, j’ai une formation classique au conservatoire en trombone à coulisse.

Tu as également un bagage en audiovisuel. Peux tu nous parler un peu de ça?
J’ai obtenu un BTS Audiovisuel option son après mon bac. Voulant faire un métier autour de la musique mais ayant conscience du côté aléatoire du métier de musicien, j’ai opté pour avoir un diplôme en technique en priorité.

Comment t’es tu retrouvé à écrire des bandes son?
Une connaissance m’a demandé un jour de faire la musique d’un court métrage qu’il réalisait. L’exercice m’a plu, j’ai gardé ça en sommeil pendant quelques années puis me suis formé dans ce domaine.

C’est quoi « moustique »?
Un court métrage pour lequel j’ai composé la musique originale

Comment t’es tu retrouvé sur ce projet?
Le réalisateur faisait du sport avec mon frère, on s’est croisé une fois ou deux et il en a découlé cette collaboration.

Bah dit donc, sacré hasard de la vie !!
Tu travaille sur quoi ce moment ?
En ce moment je fais plutôt du suivi pour une école de 3D, j’accompagne les étudiants dans leur relation avec des compositeurs/sound designers pour leur film de fin d’étude.

Est ce que tu refuse certains projets ?
Je ne refuse rien car je n’ai pour l’instant pas le temps de me consacrer à la composition et sa promotion, exerçant mon deuxième métier de papa.

Peux tu nous raconter un peu ta rencontre avec le didgeridoo?
Un cadeau d’anniversaire de mes parents. J’en avais juste entendu auparavant dans Jamiroquai.

Dans l’interview que tu as donné à Gauthier, tu racontes que tu ne savais pas du tout pourquoi on t’offrait un didgeridoo. Tu aurais pu le laisser dans un coin. Qu’est ce qui t’a motivé à essayer d’en jouer?
On m’a offert un instrument, il me semblait normal d’essayer d’en jouer!

Effectivement, vu comme ça !! Comment t’es tu débrouillé pour apprendre à souffler ?
Des méthodes, au contacts d’autres joueurs et joueuses de Didgeridoo?
Grâce à la méthode de Baudoin trouvée dans une médiathèque.

Sur quels didgeridoos jeu tu?
Les didges que j’utilise sont tous des sandidges, la plupart de ma fabrication, deux de William Belle (percu de Puls’n’wood, à l’époque où il faisait des copeaux), un super Do# de Jakub de DidgDrak, et pour la scène j’utilise un Woodslide, que j’affectionne moins en terme de son mais qui permet une polyvalence et une jouabilité top pour la scène. Je suis plus attiré par les didges à large colonne, pas lisses du tout à l’intérieur, qui « grattent » bien!

As tu le statu d’intermittent ?
Oui, depuis 18 ans.

C’était un choix logique pour toi ?
Ce ne fut pas vraiment un choix, on a proposé au groupe dans lequel je jouais à l’époque (du reggae) d’accéder au statut d’intermittent, on a bien sûr accepté et depuis j’ai fait en sorte de ne pas le perdre.

A tes débuts, as tu trouvé ce statut contraignant? Une sorte d’obligation à la création pour faire des dates ?
Non, c’est toujours tendu chaque année au moment du renouvellement, mais mis à part au tout début où une année c’était plus que juste, les autres années je me suis toujours débrouillé sans avoir à faire quelque chose qui ne me plaisait pas, ce qui j’en conviens est un luxe dans ce milieu.

Avant de devenir intermittent, tu faisais quoi ?
Rien, j’ai commencé ma vie professionnelle avec l’intermittence, au même moment je cherchais du travail mais je n’ai pas eu à chercher davantage!

Est ce que tu as douté avant de te lancer? Vivre de la musique et vivre en plus du didgeridoo c’était risqué quand même ?
Au début ce n’était pas avec le didgeridoo mais avec le trombone, étant jeune, célibataire, et mon BTS en poche c’était le moment ou jamais de tenter cette aventure.

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Avant de te poser quelques questions sur Djemdi, Dooo et Digital, je voudrais qu’on parle un peu de cet album SIT.
Peux tu nous expliquer un peu le contexte ? Poser le cadre ?
Seul dans mon appart, faisant de la musique à longueur de journée

Pourquoi il s’appelle SIT? Ça veut dire quoi?
C’est une onomatopée indienne qui veut dire : « Son aspirant exprimant le plaisir »

As tu travaillé seul sur cet album ? C’est un genre d’album solo?
Oui j’étais vraiment seul avec moi même!

Tu officiais déjà à Djemdi à l’époque. Qu’est ce qui t’a motivé à faire cet album?
Explorer les possibilités musicales avec le didgeridoo

Un besoin d’exprimer quelque chose de différent?
Oui, quelque chose avec mes influences de l’époque, en particulier le post-rock.

Si je devais décrire cet album, pour ma part je dirais que je le trouve mélancolique, un poil sombre avec un petit coté métallique. Qu’en penses tu ? Comment le décrirais tu ?
Pareil! :wink:

Comment s’est passé l’enregistrement ?
Très bien je me suis bien entendu avec moi-même, et j’allais à mon rythme. Ce n’était pas sensé faire un album, les titres sont arrivés au fur et à mesure.

As tu une méthode pour écrire ta musique? Ça part d’un instrument en particulier à chaque fois ou pas du tout?
Pour cet album c’est tout parti de mélodies/riffs/boucles trouvées à la guitare. Aujourd’hui je n’ai pas vraiment de méthode, ce sont des envies, des essais sur divers instruments qui aboutissent (ou pas) sur un morceau.

Quel matériel as tu utilisé ?
Un mac G4, une interface Digidesign 001, le logiciel Pro tools, un micro large membrane (Shure KSM27) pour les guitares et un t-bone bas de gamme ou un statique petite membrane (Oktava Mk02) pour le didge!

Est ce que de refaire un album solo, c’est quelque chose qui te motiverais de nouveau?
Oui, quand j’aurais à nouveau du temps, peut être à la retraite, si j’en ai une?

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Peux tu nous parler un peu de Djemdi maintenant ?
Comment t’es tu retrouvé à jouer dans ce groupe ?
Une amie à demandé à Kéké (didgeridoo, avec qui je soufflais déjà un peu) et Flops (Djembé, avec qui je jouais déjà dans le groupe de reggae) d’illustrer musicalement son vernissage de photos d’Australie, ils sont venus me trouver ainsi qu’un ami percussionniste de Flops, et nous avons formé le groupe Djemdi. Nous avons très vite intégré un bassiste.

De quel instrument jouais tu ?
Didgeridoo seulement au début, puis j’ai ajouté la basse par la suite, après le départ du bassiste.

Comment se composaient les morceaux? Vous vous retrouviez pour composer ou est ce que vous vous envoyez vos lignes de basse et/ ou de didgeridoo par internet ?
A l’époque (2003) très peu d’internet et bas débit, donc on composait à l’ancienne, en répétition, en jouant ensemble.

Djemdi c’est combien de dates et combien de pays ?
Plus de 200 dates, essentiellement en France, quelques unes en Suisse, Belgique, Portugal.

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Sur votre troisième album LOVE 3.0, le dixième morceau, s’appelle « FER ». C’est le seul, avec des paroles, sur l’album mais aussi de la totalité de votre répertoire. Pourquoi? Qui l’a écrit?
C’était une période ou l’un des percussionnistes travaillait avec des poètes, il nous a proposé une collaboration, on a trouvé l’exercice intéressant et motivant, ça a donné ce morceau.


Pourquoi avoir sortit un EP 5 titres (OPALE) avec deux nouveaux morceaux avant de vous arrêter ?
2 nouveaux morceaux, qui avaient justement mis du temps à éclore.

Pourquoi vous avez arrêté d’ailleurs ?
Les envies de directions musicales de chacun ont commencé à différer, du coup la composition devenait très laborieuse.

Avez vous galéré, à l’époque pour être programmés ?
On a jamais trop démarché, plusieurs personnes successives ont essayé mais la grosse majorité des dates étaient des demandes venant des organisateurs eux même.

As tu des nouvelles du reste de l’équipe ?
Oui, Flops, qui est le seul à ne pas faire partie de Didgital a plein de projets musicaux!


Allez on passe à Dooo.
C’est quoi Dooo ? Pourquoi ce nom?
Un duo avec le double « o » du didgeridoo!

Tu joues avec ta compagne.
Oui à la base c’était une demande de la part du festival « Le rêve de l’Aborigène », qui voulait programmer Nadia en solo. Comme ce n’est pas l’exercice qu’elle affectionne le plus elle a proposé qu’on monte un duo pour cette occasion, et ça a été accepté. On a donc à partir de début décembre 2011 travaillés d’arrache pied pour être prêts l’été suivant pour jouer au festival et pour que l’album soit enregistré dans le même temps.

Ça va, créer de la musique en famille, ça se fait bien ? Pas de trop de désaccord ?
Non ça va on s’entend très bien et on a tous les deux l’expérience de groupe, ce qui aide beaucoup.

Est ce que vous avez beaucoup tourné avec cette formation ?
Non c’est resté à petite échelle, car notre fils est né quelques mois après (il a fait le concert au rêve dans le ventre de Nadia).

C’est un projet qui est amené à continuer ou c’est derrière vous maintenant ?
Nous sommes impatients d’enregistrer les quelques nouveaux morceaux et d’en créer de nouveaux, le projet est encore bel et bien vivant malgré notre parentalité! Donc oui amené à continuer, dans la limite de nos disponibilités de parents actifs!


Aujourd’hui c’est Didgital qui occupe ton temps.
C’est quoi Didgital?
C’est au départ 2 membres de Djemdi, Kéké et moi, qui avaient encore envie de faire de la musique ensemble. Puis Rod (percu dans Djemdi) nous a rejoint.

Ce projet inclut des machines? C’est une suite logique dans ton travail?
Avec Kéké on a toujours aimé les sonorités des synthés analogiques, et on a souhaité avec Didgital composer sans limites (de style, de format ou autre), là ou avec Djemdi les limites se faisaient ressentir.

Le process de création c’est quoi?
Soit je propose à Kéké des idées que je bricole chez moi, soit en testant des choses en répétition.

Vous en êtes à 2 EP c’est ça? Tout se passe bien pour vous.
C’est quoi la suite ?
Début d’année prochaine on va sortir un petit Ep 3 titres un peu spécial. Et les propositions de concert commencent à arriver.

Avant de terminer cette interview, je voudrais qu’on parle un peu de production d’album et d’édition.

Que ce soit Djemdi, Dooo ou Didgital, tous ces albums sont ils auto-produits?
Oui tout est auto-produit

C’est dûr de trouver une maison d’édition quand on fait du didgeridoo?
Alors une maison d’édition ce n’est pas une maison de production. L’édition c’est s’occuper des droits, des placements à l’image….la production c’est vraiment financer un album ou une tournée. On a jamais cherché ni l’une ni l’autre donc difficile de te répondre! ;-).

On parle souvent de l’importance des droits d’auteurs.
Peux tu partager avec nous le prix moyen de la production d’un album? Entre l’enregistrement, le mastering? Le pressage? la mise en vente?
Dans notre cas c’est un peu particulier, car on fait beaucoup de choses nous même. Kéké s’occupe des visuels et la plupart du temps je m’occupe du son. Le seul album enregistré de façon « conventionnelle » a coûté 7000 euros, rien que pour l’enregistrement, le mixage et le mastering. Pour le pressage il faut compter plus ou moins 2000 euros pour 1000 Cds. Concernant la mise en vente n’étant pas dans le circuit conventionnel je ne saurais te répondre.

Au final, combien d’euros reviennent dans ta poche?
Passé un temps où on vendait beaucoup d’albums après les concerts c’était rentable, ça nous permettait de financer les affiches, fabrication de t-shirts, achat de matériel. Mais aujourd’hui le Cd physique ne sen vend que très rarement, donc à notre échelle il ne revient pas grand chose!!

Est ce que tu dirais que ce sont plutôt les concerts (que ce soit au temps de Djemdi ou aujourd’hui) qui te font vivre (ou qui faisaient vivre les membres du groupe) ou les ventes d’albums?
Sans hésiter les concerts, car cela me permettait de renouveler mon statut d’intermittent, nous ne nous sommes jamais payé sur les ventes d’albums, ça a toujours été réinvesti dans le développement du groupe, et c’est toujours le cas!

On arrive à la fin de ton interview, donc je vais te poser mes petites questions de fin d’interview:

Tu te vois où dans 10 ans ?
Là où le vent me portera, j’essaye de vivre autant que possible le moment présent.

Il y a t’il un livre qui t’a « transcendé » que tu souhaiterais partager avec nous ?
Transcendé peut être pas, mais qui a pas mal changé ma façon de vivre oui : « Au coeur de la tourmente, la pleine conscience » de John Kabat-Zinn.

Baptiste, ça sert à quoi la vie ?
A vivre !!

Est ce que tu peux me raconter une belle histoire, ou une belle anecdote? Que l’on finisse sur une note positive et joyeuse.
Lors d’un concert de Djemdi, une spectatrice est venu nous trouver en fin de concert, et nous a dit qu’elle était dans un creux dans sa vie, envie de rien, etc…et qu’une amie l’a forcé à venir au concert, qui lui a redonné l’envie, le sourire et la joie. Pour nous l’une des plus belles récompense.

Baptiste Vallet, merci à toi.

Voilà c’est la fin de cette interview. Prenez soin de vous, à très bientot pour une nouvelle interview nomade !!

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Superbe interview @Karl ! Le contenu, questions et réponses de Baptiste Vallet, est très intéressant, le développement des questions au fur et à mesure de l’interview super, les incrustations des morceaux et des images parfait !

La présentation de ton interview est vraiment belle, c’est un vrai bonheur de la dérouler pour lire, voir, écouter et comprendre comment ça se passe dans la vie professionnelle de ton invité.

C’est nickel, bravo ! :smiley::love_you_gesture::metal::+1:

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Merci à toi @Elisabeth_Blanc :kissing_heart:.
C’est la première en format « écrit ». J’essaie de m’améliorer au fur et à mesure pour de plus en plus proposer quelque chose de qualité :smiley::wink:

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Merci Karl pour cette interview !
Clairement, le format écrit n’a rien à envier au format audio. C’est agréable de le lire tout en écoutant les morceaux.
Je découvre et je me régale avec SIT.
Bravo et merci à Baptiste.

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Merci à toi Christophe :smiley:.
Ça fait plusieurs années que j’écoute cet album. Je ne m’en lasse pas.
Il a une atmosphère bien particulière je trouve !!

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Si tu as l’audace de vouloir entendre mon retour…cliques ici :grimacing::grimacing::grimacing:

Merci :heart::heart::heartbeat:

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merci Karl, j’ai bien aimé ton interview, avec la découverte de la musique tout au long de celui-ci.

plein d’encouragement pour la suite de ton programme.

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Hello @Karl,
Merci pour l’interview.
Le format est sympa, et comme le dit @Christophe_E,

Bravo pour ta motiv :+1: :+1: :+1:

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Merci à toi pour ton retour Jaime, le groupe que Baptiste a monté avec sa compagne s’appelle Dooo. Le lien est dans l’interview :wink:.

Effectivement il y a redit avec celle de Gauthier, mais comme c’est la mienne, enfin celle des interviews nomades et que à terme cette interview sera mise en ligne sur mon site avec mon logo et le reste, j’ai préféré poser toutes mes questions.

On en avait discuté avec Baptiste de cette fameuse redit, en privé.

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Bonsoir Karl

Vraiment très bien cet interview, tu es vraiment un sacré dénicheur de talent.
Je n’ai pas pu tout écouter, mais c’est très inventif comme musique, j’aime particulièrement l’association basse didgeridoo, quel dynamisme, ça envoie.
C est un très bon bassiste ( j ai pratiqué un peu dans ma jeunesse )
Merci pour la découverte.

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J’ai bien aimé le 60 seconds Didgeridoo challenge de Nadia sa femme…

Et de lui :


Et des deux :

Ils ont l’air sympa ce p’tit couple :heart_eyes::heart_eyes::heart_eyes:

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Merci @Karl pour ce bel interview très bien mené et enrichissant…
J’aime aussi ce format… Lire en écoutant… Parfait…

.

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Super @Karl :ok_hand:

Bravo à Baptiste et ses compagnons pour leur travail :clap: c’est vraiment superbe !
On sent le travail de passionné et de professionnel.

Je ne connais pas du tout, alors je vais découvrir tout ça !!!

Merci pour cette découverte :wink:

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Excellent !!! Merci @jaime, tu trouves tout c’est incroyable !

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