Et si on se passait de l'électricité pour jouer ?

Titre d’origine : « Et si on se passait de l’éléctricité? »

Ça fait plusieurs mois que, déjà, je me pose là question…
Et si on se passait de l’électricité?

Et si on se passait de l’aide des outils qui fonctionnent à l’électricité pour altérer les sons (plus exactement) de nos didgeridoo, de nos sons et de nôtres musiques plus globalement ?

Bah oui.
Ca fait plusieurs semaines que j’y penses et que je me pose la question.
J’en prend pour dernier exemple la très belle vidéo et le très beau son de @guillaume.le_mer Franchement , le souffle est sympa, lent, méditatif.. mais amplifié avec même un petit peu de reverbe si je ne m’abuse.

Et là je me demande: mais pourquoi ?!!!
Que voudrait ce souffle sans la reverbe? Il serait sans doute très bien, je pense. Et bien alors ?

C’est du didgeridoo, pas de l’éléctro ou la techno (qui sont des musique électronique par définition).

Pourquoi ne pas juste se contenter d’un son et d’un souffle pur, originel (quelque soit le niveau du joueur).
Juste un bout de bois et quelqu’un qui souffle dedans sans chichi, sans apparat.

Je ne dis pas ça pour toi Guillaume, ton morceau est vraiment chouette, mais je me pose globalement, la question quand je vois le grand nombre de joueurs, joueuses de didgeridoo ( ou de guimbardes, ça fonctionne également) qui transforment leur sons grâce aux machines.

Alors c’est joli, oui d’accord, on est d’accord sur ce point mais…

L’amplification à la rigueur je comprend surtout sur scène mais la transformation ?

De la même façon, je me pose des sampleurs et des boucles.
Ça donne des trucs, vraiment sympa, c’est sur. (comme Zalem, comme Adèle et bien d’autres).
Mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est de nouveau le matos qui pâlie à l’incapacité physique d’un joueur unique à faire plusieurs (trop?) de choses à la fois…

Bref, j’espère que vous avez compris mon questionnement :thinking: :thinking:
Des fois je me dis que tout ça manque cruellement de simplicité, de profondeur, et de ce petit truc qui nous ramène à l’essence primaire, un musicien, un instrument, la nature, point.

Bon bah vous en pensez quoi ?
Merci à vous :grin: :wink::pray:

4 « J'aime »

Encore une fois un très bon sujet @Karl :slight_smile:

Pour ma part tout dépend de ce qu’on rehcerche à faire, personnellement quand je joue je ne retouche jamais ce que je fais, je souffle simplement et me laisse aller, c’est mon plaisir de jeu, une petite évasion dans la simplicité comme tu dis.
Cependant, si je venais à devoir composer quelque chose, seul, j’utiliserais certainement des loopers pour avoir un back track et composer dessus (j’utilise par exemple l’Orba qui est génial pour ça).

Du coup une nouvelle question se pose, si nous avons à coeur de composer et écrire, pourquoi ne pas chercher d’autres musiciens créer des liens et des rencontre, se compléter et s’édifier ensemble, et de ce fait s’affranchir de toutes technologies ? :slight_smile:

3 « J'aime »

Alors là, je suis complètement d’accord avec toi !!
Ca demande forcement plus de travail, parce que déjà il faut trouver ces personnes, se mettre d’accord sur la composition etc… Mais c’est tellement plus puissant et intéressant humainement !!

J’étais à un concert de handpan/guitare vendredi dernier (c’était des amis qui jouaient, ce qui ne m’empêche pas de garder un esprit critique).
Les gars avaient donc leurs instruments et un ordi… une pédale looper…
Ils envoyaient la bande son et jouait par dessus.
Ont a entendu, du violon, une voix féminine, du didgeridoo.

A la fin du concert, je vais les voir et je leur dis: ce que vous faites, c’est vraiment sympa (et c’est vrai, c’était vraiment très sympa, et en plus en petit comité) mais pourquoi vous n’invitez pas un joueur de violon? Un/une joueur de didg? Une chanteuse ?

Le concert était vraiment top encore une fois, mais j’ai quand même trouvé ça dommage.

Je trouve les versions acoustique tellement plus « vrai » (normal vous me direz, c’est acoustique).

1 « J'aime »

Cool… pour moi, rajouter de l’électro sur un instrument acoustique ne le rend pas plus facile à jouer par exemple la guitare électrique n’est pas plus facile que la guitare sèche mais par contre la palette de son et multiplier à l’infini, a mon avis, la transformation du son est un outil de musicien, et pourquoi s’en priver,… je considère une pédale looper comme un instrument de musique a part entière, on peut en faire des choses merveilleuses ou des catastrophes inaudibles, comme le violon d’ailleurs, personnellement j’adore jouer en acoustique pur et aussi me faire plaisir avec des effets sur le didgeridoo spécialement le delay, que je trouve vraiment magique…
Ta question est bien posé Karl, pourquoi s’en priver…

1 « J'aime »

Coucou Karl,

Je crois qu’au-delà du fait qu’ajouter des effets, s’ils sont équilibrés peuvent améliorer la qualité du son et le plaisir d’écoute, je pense que les joueurs et joueuses de Didgeridoo qui sont excellents, tu cites par exemple Zalem, qui joue beaucoup avec les loops et les effets, le font pour avoir un son plus « contemporain », qui leur plait et qui correspond mieux à l’attente d’un public « large », et pas seulement des afficionados du Didgeridoo.

Ca rejoint le thème : comment rendre le Didgeridoo intéressant aujourd’hui. Cet instrument encore assez méconnu est « mono-tone », il n’a qu’une seule note (même si on peut y apporter des variations). Pas mal de gens trouve ça « chiant » et sans grand intérêt. A une époque où les sollicitations de toutes sortes, y compris musicales, font passer le public d’une chose à l’autre très rapidement dans une submersion de propositions éphémères, leur capacité à « prendre conscience » de quelque chose en particulier et d’y consacrer un peu de temps avec l’ouverture d’esprit nécessaire qui va avec est bien mise à mal.

Pour accrocher ces « zappeurs » permanents il faut leur faire des propositions qui leurs plaisent « déjà d’avance » au niveau des rythmes et d’une musicalité dans l’air du temps, avec l’espoir de titiller leur intérêt et de les amener à apprécier le Didgeridoo.

C’est un avis personnel, en jouant pour un public restreint on crée une atmosphère intime qui porte à écouter vraiment et à découvrir, comme ce que tu fais avec tes spectacles à taille humaine. Pour un public nombreux qui veut danser et faire la fête, il faut de l’électronique pour répondre à son attente. :slight_smile:

Petit ajout après avoir lu la réponse de Philippe. Bon sang c’est vrai, on peut tout simplement aimer ce qu’apporte l’électronique pour sa créativité, et j’aime ce que tu fais @Philippe_Bechu , comme quoi, ouvrons nos esgourdes. :laughing: Mais j’aime aussi les sessions dans la simplicité humaine des rencontres musicales avec un feu de camp en guise de prise électrique ! :rofl:

1 « J'aime »

Merci à vous deux @Philippe_Bechu et @Elisabeth_Blanc pour vos point de vues et vos réponses.
Je comprend vos opinions et les respects bien sur.

Mon questionnement était vraiment sur le fait de proposer des sons « nature » sans rajout et d’accepter l’idée qu’un etre humain est limité dans ses possibilités. Pourquoi ne pas tout simplement l’accepter

Je comprend l’intérêt d’en rajouter bien sur grâce au matériel.

J’ai toujours cette contradiction dans ma tête, entre l’idée que beaucoup ici (et ailleurs) partage, qui consiste à dire, qu’il faut revenir à la terre, aux choses vrais, à la nature … etc en même temps faire appel à des machines, à de l’électricité pour se faire plaisirs (et je suis d’accord, c’est important de se faire plaisir bien sur !!! ).

La ou je serais un peu nuancé c’est sur ce que tu écris Elisabeth:

Dis comme ça, ça fait un « marketing » et je trouve dommage.

Je le dis à chaque fois, mais ce sujet comme d’autres est en « travaux » dans ma tête et vos réflexions et positions me font réfléchir et évoluer

Alors merci à vous pour cela :pray:

1 « J'aime »

Je pense qu’une grande partie des gens qui écoutent de la musique aiment entendre ce qu’ils connaissent déjà, si l’on considère la musique qui fait les ventes les plus importantes dans le monde, celles que l’on entend par les fenêtres ouvertes des voitures et la foule qu’il y a lors de manifestations de musiques électroniques avec des DJ célèbres, moi ça me fait peur. Tant de gens aiment ce qu’on leur a dit qui était aimable, cool et à la mode. Je trouve ça assez terrifiant sur notre liberté à penser et à ressentir différemment en tant qu’individu qui ne se sent pas l’âme d’un mouton. Bien sûr ce n’est pas tout le monde, heureusement :innocent:. C’est mon côté pessimiste, tu as une vision plus empathique que moi sur l’espèce humaine et c’est une qualité d’espérance que j’apprécie chez toi.

Je suis d’accord avec toi, d’autant plus que si l’on est attiré(e) par le Didgeridoo, le Tambour, la Guimbarde… c’est que l’on a besoin de ces choses vraies dont tu parles, et qui sont profondément humaines, justement par leurs limites qui font écho aux nôtres. L’expérience brute est très importante et c’est celle qui apporte le plus de plaisir et ressenti. Mais après on peut avoir envie d’ajouter au plaisir physique et émotionnel un plaisir intellectuel (c’est comme ça que je le vois) en modifiant le son pour qu’il soit plus beau à écouter, peut-être pour l’égo, dans mon cas :shushing_face:, et pour trouver une autre musicalité, pour d’autres.

Les travaux sur ce sujet sont toujours en cours… :smile:

merci pour tes réflexions, qui m’alimentent, ta sensibilité et ta compréhension très chère Élisabeth :pray: :pray: :pray:

1 « J'aime »

Sujet intéressant oú j’ai d’abord cru á une demande de coupure d’électricité totale, ce qui pousserait encore un peu plus loin l’impossibilité de nous autres êtres humains tellement conditionnés, et pourtant quelle aventure improbable pourrait naître si l’on lâchait un peu de leste sans plus pathologiquement s’aggripper.

Cette question, la tienne, Karl, peut nous profiter dans le sens qu’elle peut nous aider á nous faire face dans ce que nous prétendons avancer comme vérités, qui ne sont souvent que pauvres réédites et banalités qui passent aisément en toute occasion.

Les questions peuvent parfois nous pousser dans nos retranchements, si l’on ne les fuit ni elles ni nous dans quelques nouveaux mensonges, et nous éduquer á être ce que l’on sent et ce que l’on voit vraiment.

Ne pas se filouter étant selon moi le début de la sagesse á vivre, les questions et réponses précédentes m’ont orienté sur le fait que c’est á chacune et chacun de proposer á la vie et aux vivants ce qui peut aider ce monde á mieux vivre, ce pour moi d’un amour radical dans le sens oú sa spontanéité, sa responsabilité ne puissent être détournées á des fins de liens communautaires et de réels appauvrissements.

Pourquoi pas créer des endroits favorisant l’accoustique, des petites sortes d’églises juste pour y faire de la musique sans électricité, des lieux oú la réelle religiosité ainsi que la joie de chacune et chacun puissent se vivre complètement ?

Remettre en question les choses établies, voilá qui va dans le bon sens, et les lieux tels que les festivals, le peu de fois maintenant oú j’y vais en m’amusant beaucoup c’est certain, m’amènent á me poser la question de leur sérieux, au sens vivant et philosophique du terme.

Saltimbanque qui paraît peu de choses ou bien des propositions chouettes que d’avoir du public électrisé, je ne me demande pas, car l’écologie qui est clarté totale avec soi me voit chouettement vivre avec le moins, mais c’est lá juste mon rapport personnel avec la vie et avant tout celle qui est en moi.

Pas exhaustif le type, j’aurais eu á couper des tiffes que ça aurait été une drôle d’affaire.

Belle soirée aux amis du bois

2 « J'aime »

Quel texte !! Merci pour tes mots :pray: :pray: :pray:

Aaah et voilà encore un bon sujet comme tu aimes les poser Karl (avec un titre un tantinet provoquateur :wink: )
Je n’ai pas la plume aussi prolifique que notre ami Fifrelin, mais j’y vais de ma petite réflexion.

Je pense que par essence même, notre instrument invite à une sobriété (tient le mot est à la mode) de moyens. Quoi de plus simple qu’un bête tube en bois et un peu de souffle pour jouer de la musique. Cela a satisfait depuis des millénaires des hommes qui ne connaissaient ni le fer ni la roue. Pour ma part, j’aime bien le son du didge nature, j’utilise un simple retour en bois pour m’entendre et même lorsque j’enregistre, je ne travaille pratiquement pas le son.
J’aime aussi cette idée qu’aller au plus simple c’est aller à l’essentiel et que nous avons tant de choses à nous débarrasser afin de nous retrouver nous-mêmes.

Karl, je suis complètement d’accord sur ta remarque, pourquoi utiliser des samples et des looper si c’est pour créer des sons qui pourraient être joués par de « vrais » musiciens, la rencontre est tellement plus riche !
Cela ne veut pas dire que jouer seul interdise la richesse des compositions, il n’y a qu’a écouter/regarder Waagal (bon j’avoue qu’on touche au génie là).

Mon esprit de consensus m’invite à dire que je comprends également les personnes qui travaillent leur son surtout dans le cadre d’un concert ou d’un enregistrement. Bien que moins spontané à mon sens, on peut y trouver la même satisfaction dans la recherche du son idéal pour faire ressentir ou accentuer les émotions qu’on souhaite faire passer.

Enfin, si l’on fait abstraction du didge, je vois les instruments électroniques comme des instrument totalement à part entière. Dans ce cas, le musicien ne compense pas le manque de partenaire ou ne cherche pas à maquiller un son. On joue de la loop, on mix des samples, on triture le son avec les effets comme un autre gratte les cordes de sa guitare ou frotte celle de son violon. Il s’agit juste de percevoir ça comme quelque chose de différent, d’autre.

Bien sûr, la richesse est dans la diversité !

2 « J'aime »

Et oui ça faisait longtemps que je n’avais pas proposé un petit sujet « à ma sauce »:stuck_out_tongue_winking_eye: :grin:"

Pour le titre c’est mon coté « business manager », ça racole un peu pour faire venir les gens :joy: :rofl: :wink: et puis vu le prix du kw en ce moment… :joy: :joy: :joy:

En attendant le travail d’Erwann (Waagal) est un très bon exemple, je pensais justement à lui (entre autre) en écrivant le sujet.
Effectivement, il faut reconnaitre qu’il fait partie d’une catégorie de musiciens qui évoluent dans la stratosphère !!

Mille merci à toi d’avoir partagé pour ton point de vue en tout cas, mon cher ami :pray: :pray::pray:

Puisqu’en bon business manager tu convies à la participation, je te donne mon avis également.
Certes notre instrument n’est pas électronique, mais tu parles de se passer de technologie. Pourtant, hormis un pur didg termité ou un bambou, il y a quasiment toujours la technologie qui intervient dans la fabrication de nos didg… Colle et vernis sont des produits hautement techniques et leur fabrication relève de la technologie actuelle. Ils permettent déjà à la base de « modifier » le son de notre bout de bois contemporain.
Et pour moi c’est ok d’utiliser la technologie et ses produits, que ce soit de la colle ou du son modifié. Tant que nous savons clairement dans quel but nous le faisons.

J’espère avoir ajouté un peu d’eau au moulin pour qu’il fasse un tour de plus! :sweat_smile:

2 « J'aime »

Effectivement, c’est une réflexion intéressante que tu fais là Mélanie.
J’étais vraiment sur l’esthétique de jeu, dans ma réflexion mais la tienne est également intéressante !!

Merci à toi donc :pray: :pray: :pray:

De mon côté je suis un grand inconditionnel de l’acoustique pure. Je trouve très souvent que même dans beaucoup de petits concerts (genre dans des petits festivals) on ferait bien mieux de laisser les instruments sonner plutôt que de mal les amplifier et de sortir un son trop fort (en tout cas trop fort pour mes oreilles). Pareil pour les effets, j’ai très souvent la sensation d’une surcouche qui déconnecte de l’essence créatrice.

En musique je suis pour le Black Out, merci @Karl ! :dash: :hole:

1 « J'aime »

Merci à toi d’avoir pris le temps de donner ton avis cher Jérome :pray:

1 « J'aime »

bonjour,
émettre des vibrations par le biais du digeridoo et s’en contenter, être a l’écoute le jour suivant pour s’apercevoir que le jeu est différent, trouver d’autre manière de jeu , un chemin de persévérance pour aboutir a son propre choix vibratoire.

vouloir améliorer le son produit par un artifice nous fait dépendre de lui et nous éloigne de la réalité, mais surtout de prendre un chemin différent du notre et de ce fait de s’ignorer soi-même.
prenons l’exemple du gps il nous conduit ou l’on veut sans que notre cerveau n’est a chercher sa directionnel, nous dépendons de lui et qui plus est nous n’utilisons plus nos sens et perdons le sens de l’orientation.
être soi même, se comprendre, pour savoir s’adapter en toute circonstance, voila le jeu de la vie et quel plaisir au bout du chemin d’être passer de l’acteur a l’observateur

2 « J'aime »

Milles merci pour tes mots Gérald :pray: :pray: :pray:

Une chose n’est pas abordé dans le fil de discussion, c’est l’inspiration que procure un son différent lorsqu’on le joue, avec ou sans, effets on ne joue pas de la même manière…ce n’est pas le côté embellissement du son à travers les effets qui m’intéressent le plus mais la dynamique que ça influence dans le style de jeu, je veux dire par là que l’inspiration n’est pas du tout la même lorsqu’on a une rythmique occasionnée par un rebond électrique du son comme une pédale d’elay par exemple on peut se caler sur la rythmique que l’on règle à la vitesse que l’on veut…ce qui nous inspire un jeu uniquement parce que l’effet est là… je pense que la guitare électrique a développé énormément l’inspiration des guitaristes… Que les cordes en nylons ou en métal ne nous inspirent pas le même jeu que les cordes en boyau…
Personnellement je préfère jouer sans effet mais de temps en temps je m’amuse avec des effet et l’inspiration n’est pas du tout la même, ça ouvre des portes…

4 « J'aime »

Oui, tu as raison, si on met les effets en direct en même temps que l’on joue on doit avoir une expérience très différente de celle que l’on a en les ajoutant en post-traitement, je n’avais pas réalisé ça, tu fais bien de le dire. :+1: