L'état de transe en jouant du didgeridoo, vous connaissez ?

Titre d’origine : « La transe du joueur »

Salut tout le monde!

J’ai parcourue pas mal de sujet du forum, et je n’en ai pas trouvé qui parlait de l’état de transe.
A noté que j’ai peut être cherché n’importe comment…

Dans l’imaginaire collectif le didgeridoo est très lié à la transe : Son histoire mystique, sa basse si profonde qui ne peut que nous raccrocher à la terre, ses prestations qui vont du simple bourdon à un enchevêtrement interminable et ininterrompu de rebonds et de cri, toujours accompagner de son bourdon.

J’aimerai connaitre votre rapport avec la transe, si vous en avez un bien sur.
Est ce que vous êtes déjà entré en transe en jouant? Savez vous ce qui la déclenche chez vous? Avez vous déjà essayé de provoquer l’état de transe chez vous ou chez quelqu’un d’autre? Qu’exprime votre inconscient dans ces moments qui lui appartiennent?Que ressentez vous pendant et après la transe? Etc…

Pourquoi c’est questions, et pourquoi aujourd’hui?

J’essaie d’enregistrer au moins une séance par semaine, la plupart du temps c’est stocké et oublié, mais des fois un morceau plus propre sort du lot et je l’utilise pour travailler le mixage.
Hier j’ai enregistré ma séance, une séance classique durant laquelle je voulais travailler l’enchainement :go_joues: :to: :to: :gon_joues:, comme souvent, 20 minutes d’échauffement, 30 minutes d’exercice et je me déconcentre et je pars en improvisation. J’enchaine les tracks que j’ai en stock en me laissant aller, jusqu’à ce je tomber sur un morceau qui a enflammé mon esprit. J’ai bien senti que j’avais proposé un truc sympa, alors je mis suis arrêté et j’ai tenter de mixer l’impro. C’est en faisant le montage avec la vidéo que je m’en suis rendu compte, mon inconscient avait des choses à dire.
0:36, on voit que j’essaie de me concentrer.
0:58, je suis concentré.
1:13, je suis surpris de ce qui se passe, mais j’enchaine, je me laisse guider, l’inconscient commence à doucement immiscer, par la main droite en l’occurrence.
1:45, je n’ai plus mon mot à dire, la main gauche qui tient le didgeridoo est discrètement remplacé par la main droite, et là le message est clair, la main gauche nous dit :« Laisse moi faire, je vais te montrer comment on fait. »
1:58, impossible de passer a coté mon expression de surprise… Là c’est partie, les épaules s’agitent, les doigts pianotent dans le vide, le bras fait des vagues, il monte, descend, va à droite, à gauche. C’était son moment.

Je l’ai beaucoup regardé, vraiment beaucoup et je saisi à peine 25% de mon jeu…
Encore une preuve, s’il en fallait une, de l’incroyable pouvoir de l’inconscient. Je sais tout ce qu’il sait, sauf que ça je ne le sais pas.

Vous avez des anecdotes de transe à partager?

2 « J'aime »

Salut Charly
En voilà un sujet intéressant.
Comme toujours, je ne donne ici que mon avis, il n’engage que moi.
Comme disait Coluche, c’est mon avis et je le partage :wink:.

Mes connaissances en la matière sont relativement petites…
Je pense que déjà il faut faire attention à l’emploi de ce mot : Transe.
Ce n’est que mon avis.

Nous sommes en France et la transe, vu de la fenêtre, touche à des choses relevant purement de neurochimie de notre cerveau d’une part et d’ésotérisme (terme galvaudé)… d’une autre part.
Nous n’avons pas une « culture » du chamanisme, comme c’est le cas chez les Mongoles, les Natifs Américains par exemple.
Ce n’est que mon avis.
Par respect et méconnaissance, je préfère faire attention, à l’emploi de ce mot.

Entre ce que tu ressens vraiment, ce que tu crois ressentir, ce que ton ego te dis de ressentir… ce que ton ego te dit d’exprimer… Nous sommes en France.
Je reviens à ca parce que culturellement, je pense que c’est important de le prendre en considération.
Bref, je fais attention.

Je me suis intéressé, brièvement, je l’assume, au sujet de la trance via les travaux de Corine Sombrun grâce à ces livres et conférences.
Elle parle de Transe au sens thérapeutique (donc pour une thérapie).
Elle travail (ou a travaillé) avec tout un tas de spécialistes du cerveau (neurologues, neurochirurgiens, psychologues…) afin de comprendre et « prouver », via des tests, des moniteurs, des outils médicaux contemporain, les mécanismes du cerveau et ce lien à ce qu’on appel la transe. En gros qu’est ce qui se passe là dedans.

Ce que j’en ai retenu, c’est que la Transe, à priori, ne se déclenche pas avec des rythmes lents, mais avec des rythmes rapide , ce qui peut paraître contre intuitif.

Je m’arrêtes là, je ne sais si cela va aider ta réflexion mais je veux continuer à te lire et à te suivre sur ce sujet, si tu as des éléments à partager.

Intellectuellement, c’est toujours intéressant :wink:

Hey! Karl!

Je vis assez loin des notions de spiritualité, d’ésotérisme ou de mysticisme. Je suis sensible a la beauté de la nature et j’aime me questionner sur le monde sans pour autant avoir un réel besoin de réponse. Donc en posant ces questions concernant la transe, je n’ai pas pensé une seule seconde au penchant ésotérique ou spirituel du terme. Je n’y ai vu que la facette biologique du phénomène qui pour le coup concerne aux moins les humains, si ce n’est tout le monde du vivant. Pour moi c’est une sorte de réorganisation temporaire de l’activité cérébrale.

Mais effectivement, on peut parfois progresser dans des écosystèmes où une l’ambiguïté est possible. Si tu restes prudent, que peux tu me proposer comme terme qui éviterait les quiproquos? On peut peut être parler de dissociation, ça semble moins connoté?

Je ne sais pas vraiment comment le formuler, mais je m’intéresse essentiellement à que l’on peut vivre autour du didgeridoo. Le sujet de l’appropriation culturelle par exemple a été incroyablement instructif, le gens ont partagés sur ce qu’ils voient à travers l’instrument, instrument primordial, trésor ethnique, symbole culturel, instrument rituel, instrument de musique, outil d’évasion et même marchandise. Et bien qu’ils ne soient pas tous d’accord sur ce qu’il faut y voir, tous sont tombés d’accord sur l’importance de le respecter.

Là c’est un peu la même idée, j’ai envie de partager, non pas ce que nous y voyons, mais ce qu’il nous offre. Et plus précisément sur ce phénomène de dissociation.

Si on passe outre le mot « transe », tu n’as pas d’histoire à raconter? Que ce soit en tant que joueur ou spectateur? ^^

Hello!
Je conseille ce petit podcast où ils en parlent, avec un hypnothérapeute et une membre du TranseScience Research Institute (monté par Corinne Sombrun justement) :

Ce que j’en retiens, c’est que l’état de transe a plusieurs niveaux, et qu’en tant que musiciens nous sommes bien souvent dans cet état, que ce soit à un faible niveau ou plus haut.

3 « J'aime »

Hello !

Merci pour le sujet et pour le podcast j’ai trouvé ça très intéressant et instructif. :slightly_smiling_face: Il démystifie le mot transe et je retiens qu’apparement en chacun de nous se trouve cet etat de conscience modifiée que l’on peut contacter volontairement ou non et que c’est une ressource, un potentiel.
Et il y a ce phénomène de dissociation dont tu parles Charly. C’est un court circuit entre le cognitif, la pensée d’un côté et les emotions, le corps de l’autre, l’impression d’être à l’extérieur de soi et de voir se dérouler les choses. Et avec ce que tu expliques de ton expérience quand tu joues (dans ton premier message), je me demande si la dissociation ouvre une fenêtre vers l’inconscient… qui pourrait alors s’exprimer… un peu comme dans les rêves…:thinking:
En tous cas il me semble qu’il y a une forme de lâcher prise et la perte du contrôle qui laissent libre cours aux mouvements qui émergent et à la création.

Je suis débutante au didge mais il m’est arrivée 2 ou 3 fois sur de courts laps de temps de lâcher prise sans m’en rendre compte et de me laisser aller pour jouer ce qui vient. Et mon bras droit et ma main dessinaient des arabesques amples dans l’air en même temps que je jouais. Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. J’ai été étonnée de ce que j’étais capable de faire et cette sensation de fluidité, de légèreté comme quelque chose qui coule c’était très agréable.
Je me dit maintenant que c’était peut-être un de ces moments un peu hors du temps dont parle le podcast : un état de conscience non ordinaire et donc de transe que l’on peut vivre dans notre quotidien sans savoir que c’est ça.

Voilà mon expérience et mes réflexions :slightly_smiling_face:

Merci @Baptiste et @chrystelferraro pour vos partages.

Je suis surprit de la concordance et de la cohérence entre mon vécu et ce podscast, c’est une pépite! Une démystification et une description des symptômes de l’état de trans vraiment clair, ils parlent même de cette notion de dissociation. Je ressens une vrai sincérité et une ouverture d’esprit dans leur propos, j’ai adoré ce qu’ils nous ont proposés.

@chrystelferraro maintenant que je peux mettre une notion dessus, je peux dire que j’ai vécu la trans dès lors que j’ai réussit mes premiers exercices de respiration continue, j’étais sans doute possible un débutant^^. Je peux même, sans trop me tromper, dire que c’est les expériences de ces changements d’état qui m’ont données envie de continuer.

Sinon te rappelles-tu de ce que tu faisais avant ces glissades ? Le temps de jeu depuis le début de la séance, les exercices effectués, les tempos joués?

Je n’ai pas encore pris le temps de tester d’ajouter dans mon jeu d’e expérience avec ces nouvelles données, mai ça ne va pas tarder, je suis hyper enthousiaste!

Encore merci pour vos apports.

2 « J'aime »

@charlycoco_3 @Baptiste
Je suis en train d’écouter le podcast, merci infiniment Baptiste, au passage pour ce partage.
Ca me fait vraiment évoluer mes connaissances et mes réflexions en la matière, méconnaissance oblige :sweat_smile:

Charly pour répondre à ta question, en écoutant ce podcast, je te dirais que oui, il est fort possible que j’ai déjà vécu des moments de « trans » de changement d’état de conscience, durant un souffle au didgeridoo, mais surtout quand j’écris des textes et que l’intuition et l’inspiration semble couler littéralement dans mon cerveau …

Très intéressant en tout cas, merci Baptiste encore une fois

1 « J'aime »

Charly, pour te repondre, je me rappelle que c’était peu après que j’ai acquis le souffle continu.
A ce moment-là, j’avais peur de le perdre, qu’il s’en aille :smile: alors je soufflais, soufflais, soufflais pour l’ancrer.
Je travaillais ma respiration Go Won pour souffler le plus longtemps possible en continu et je crois que je cherchais mon rythme naturel alors je devais jouer sur un tempo autour de 80/90. C’était pas en début de séance j’en suis à peu près sûr.
Et je te rejoins sur le fait que ces expériences ont vraiment contribué à mon envie de persévérer, d’apprendre et de continuer à jouer. Il me semble que ce sont des moments où je suis pleinement en contact avec moi. En tous cas c’est comme ça que je le perçois .:slightly_smiling_face:

@Karl et @chrystelferraro, merci pour ces partages.

Pour illustrer mes propos et partager quelques courts passages de transe.

https://www.youtube.com/playlist?list=PLOZjzmFdqoiu9jdYPQi-cw_bVRbbsoxxx

Intéressant ce podcast.

Il y a un concept proche dénommé le Flow et qui pourrait plus correspondre à ce que nous vivons en tant que musiciens. Il fait partie des états de conscience modifiés proches de la transe.

Il peut se rencontrer dans toute activité assimilable à un jeu (l’effort n’est plus une contrainte dans le sens où il est équilibré face aux compétences, ce n’est ni trop facile, ni trop dur, il est stimulant).

C’est un état dissociatif, la prise de conscience pouvant casser l’état de flow. Il est plus facilement atteignable car contrairement à la transe il n’a pas besoin d’être induit / auto-induit. Pour autant, il nécessite cet équilibre entre difficulté et compétences pour se manifester.

Après si transe et flow sont différents dans leurs mécanismes, il y a des manifestations communes qui peuvent les faire confondre.

@charlycoco_3
Yes charly,

Le « GROOVE »… tu connais ? Voilà le mot, pour moi, qui résume tout en fait. C’est bien de ça dont tu parles ?

Car, arrivé à un certain niveau technique, le groove rassemble c’est état de transe en plus de la maitrise technique. Sachant que c’est d’abord la maitrise qui va te permettre de retrouver cette état de transe plus facilement et l’accepter tel quel.

Pour ma part, c’est comme ça que ça s’est passé. C’est en pratiquant encore et encore que cet état de transe est apparu de plus en plus souvent. Ce qui est magique dans la transe, c’est le fait que notre corps va automatiquement trouver les chemins les plus économiques physiquement pour pouvoir jouer vite par exemple et sans avoir l’impression de forcer.

Personnellement, les effets de transe apparaissent au bout de quelques minutes seulement et qui sont :

  • perte de notion de temps
  • des images qui apparaissent
  • la chaleur de mon corps augmente
  • vision qui devient négative et/ou en noir et blanc (au bout de 20 minutes non stop)
  • vision qui disparait totalement et black out total, alors que je suis en train de jouer ! Et je ne parle pas de tomber dans les pommes, bien au contraire ! Je parle de ne plus rien voir et de devenir le son ! Ou de faire l’amour avec lui… comme vous voulez.

Pour ma part, le fait d’insérer des voix graves dans mes rythmiques m’aide à rentrer en transe plus facilement car la particularité des fréquences basses, c’est de faire vibrer encore plus mon corps et mon crâne… ceux qui me fait partir en transe plus vite, c’est génial ! Je vous le conseille ! :blush:

@Karl
Yes Karl, je ne suis pas d’accord avec toi sur le fait que la transe apparaisse plus rapidement lorsque tu joues rapidement. Je pense que c’est une question d’investissement mental. Si tu rentres dans ton jeu à 200% dès le début, la transe peut très vite se mettre en place, mais ce n’est que mon point de vue.

:hugs:

Merci @Raphael_Didjaman

C’est très intéressant.

La notion de groove, je l’utilise assez facilement pour décrire mes sensations de jeu, donc ça me parle beaucoup.

Raphael_Didjaman :

Ce qui est magique dans la transe, c’est le fait que notre corps va automatiquement trouver les chemins les plus économiques physiquement pour pouvoir jouer vite par exemple et sans avoir l’impression de forcer.

Ça colle vraiment à ce que je peux vivre dans ces moments, le fameux « Laisse-moi faire et observe, tu vas voir » lâché par le corps. ^^

Raphael_Didjaman :

  • perte de notion de temps
  • des images qui apparaissent
  • la chaleur de mon corps augmente
  • vision qui devient négative et/ou en noir et blanc (au bout de 20 minutes non stop)
  • vision qui disparaît totalement et black out total, alors que je suis en train de jouer ! Et je ne parle pas de tomber dans les pommes, bien au contraire ! Je parle de ne plus rien voir et de devenir le son ! Ou de faire l’amour avec lui… comme vous voulez.

C’est plutôt détaillé, c’est cool. Même si je m’y retrouve sur certains points, je ne vis pas tout ça.

Et c’est vrai qu’on n’a pas forcément abordé le fait que chacun a son vécu, son expérience, sa vision. Il me semble très probable que chacun vive cet état de façon assez unique.