Souffle fort pour enlever la poussière

Treuheuheuh-kof-kof !
Aaaaatcha !
Snirfl !
Bonjour les souffleuse et les souffleurs ! ![]()
Je relance (encore) mon sujet pour vous parler d’une chouette expérience qui m’est arrivée à Nomadidge cette année. Les workshops, c’était studieux, la baignoire, c’était cool, les concerts, enivrant…
Ah oui, mais il y a aussi les jams. ![]()
J’ai réussi à louper à peu près tous les jams, parce qu’il faut manger, dormir, parce que j’étais en workshop…

La bouffe en festival, c’est trop bon !
Mais il y en a quand même un que j’ai fait.
Cette année, la soirée de dimanche tournait autour du partage. Après le concert de Jamalam, la scène a été préparée et ouverte pour les jams. Moi, tout de suite, enthousiaste, je me suis dit « Ah trop bien, une bonne occasion de s’écouter en amplifié, et de vivre un Jam bien intense.. » . Tout feu tout flamme, j’en parle à Kid qui organisait les choses.

Oui, sauf que ce dimanche, il faisait froid. Sauf que le trac a commencé à poindre son nez. Sentant les ennuis venir mais n’ayant pas envie de me rétracter, je précise à Kid que ça m’arrangerait de passer en dernier pour faire un truc cool, une bonne amorce pour la nuit. Bah, je me dis que j’ai bien fait de ne pas m’aventurer dans ce que je sais faire de plus travaillé.

Parce que ça a été extraordinaire. ![]()
Arrive donc le dernier Jam. Avec du didge. Parce que l’on en a eu pas tant que ça. Et puis du handpan. Kid me demande en quelle note est mon didge. Ensuite, il interpelle l’assistance : « Qui a un handpan en ré et veut bien jouer ou le prèter ? »
Là dessus, Laurie Pwet répond que son handpan est en ré et qu’elle veut bien le prêter, mais à quelqu’un de confiance. Clément, de Jamalam, se propose pour en jouer. Elle monte aussi sur scène et sort sa Clarinette.
Moi pendant que Laurie et Clément s’installent, j’essaie de mettre mon didge sur le pied (une cloche ovoïde et verticalement longue et étroire, sur un didge courbé, ça nécessite un pied avec crochets rapprochés.) au final, je me retrouve à tenir fermement mon didge pour qu’il ne tombe pas.

Il fait toujours très froid. Je suis à la limite de grelotter.

Laurie interpelle l’assistance et invite le monsieur doué en chant diphonique, si il veut bien venir. Mike monte donc sur scène, et Laurie lui montre aussi comment utiliser la shrutibox.
On commence doucement. Devant moi, un trou noir et des lumières qui m’aveuglent.

Le son des instruments emplit le chapiteau, première fois que j’ai un retour aussi net et puissant de mon didge. J’ai du mal à y aller. J’ai les lèvres engourdies. Mais je me lance, c’est parti !
Kid monte sur scène, me demande si je suis d’accord pour qu’un autre joueur de didge me rejoigne.
Je lui fais signe que oui. Il règle le woodslide à côté de moi en ré et laisse la place. Je n’ai pas vu qui rentre. C’est du tradish. Aussitôt, je pense à Lily Roots ou Othello Ravez. Lily a ouvert les ams du soir, Othello en a fait plusieurs. Merci, me dis-je en moi-même. Le rythme lisible et syncopé m’aide à me raccrocher.

Le plus attentif possible aux autres instruments, je fais de mon mieux pour leur répondre, leur donner de quoi rebondir aussi. Je lutte contre l’hyperventilation qui finit par poindre le bout de son nez (ça ne m’est arrivé qu’une seule fois au début du souffle continu, en 2019 donc). Un truc à gérer en plus du froid et du trac. OK, il nous conseille quoi Gauthier ? Et bien allons-y, on se désoxygène dans le didge, on allonge !

Au final, ça a duré près de 13 minutes. J’ai encore du mal à réaliser. J’étais très en deçà de mon niveau habituel. Qu’importe, c’était génial, ça a plu, on a passé un super moment. Le morceau s’arrête, c’est Lily Roots à côté de moi. Ca m’emplit de joie. Toute cette expérience m’emplit de joie. ![]()
Plein d’applaudissements. Je suis sonné. Je fais le tour pour remercier tout le monde sur scène. Je descends, je rejoins mon épouse et nos amis sur place. Je tremble comme une feuille. Rectification, comme si j’avais un marteau piqueur sur le dos. Je décompense.

C’était fou, c’était terrible, c’était génial. Ce Jam serait à refaire comme première fois, je ne changerais rien. C’était magique. Quatre très bons musiciens avec moi, c’était intimidant, mais d’un autre côté, c’était aussi rassurant.
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Et c’était chouette, ça fait du bien au moral, et les compliments reçus vont droit au cœur.
J’ai beaucoup de gratitude envers toutes les personnes qui on permis à ce moment d’exister
Y compris Gauthier, qui a raté ça, les wakadémiciens et leurs conseils, Greg, l’asso, Vincent à la sono, Laurie, Clément, Lily Roots, Mike, Kid, et Marion et Delphine pour leur soutien et leurs encouragements ![]()
Et humblement, je me remercie de m’être autorisé à vivre ça, d’avoir dépassé mes appréhensions, ma peur de mal faire. Et c’est super motivant pour continuer le travail. Et essayer de jouer plus souvent à plusieurs, en public, enregistré…
Mon récit se base sur ce dont je me souviens, je n’ai forcément pas tout vu. J’étais sur une autre planète…

Pour ceux qui n’ont pas vu la vidéo, je vous laisse la découvrir ![]()